Faut-il rappeler les patients après une proposition de plan de traitement ?
Épineuse question, en effet :
Est-ce le rôle d’un praticien de rappeler ses patients, une fois la proposition de plan de traitement effectuée ?
S’agit-il d’une démarche normale pour un acteur de la santé ?
Alors, évidement, s’il s’agit de 3 caries et d’un détartrage, les enjeux pour le patient, comme pour
vous sont relatifs.
Et les acceptations des patients viennent rapidement en général.
Mais quand il s’agit d’une belle réhabilitation, d’un bridge implanto-porté, ou d’un
traitement significatif, que faire ?
Déjà que la partie présentation de ce plan de traitement n’a pas forcément été facile : qui dit « gros » traitement, dit gros montant.
Et reste à charge également important.
En plus de la partie technique du traitement, qu’il faut expliquer au patient, il y a la partie financière à faire accepter.
Et on est souvent moins à l’aise quand des montants importants sont concernés.
Et le patient le
sent.
D’autant plus que lui prend aussi en compte la dimension financière de son traitement : il va peut-être devoir arbitrer entre ce traitement et la prochaine location de vacances, ou un achat plaisir prévu depuis longtemps, ou la rénovation de sa salle de bain, ou…
Il est normal qu’il réfléchisse.
Le brusquer serait contreproductif…
Du coup, le patient vous quitte en vous disant qu’il va voir la réponse de la Mutuelle, et qu’il reviendra vers vous.
Mais vous, vous savez que le reste à charge est significatif, et que le patient ne vous recontactera probablement pas.
Et le patient part « dans la nature ».
Vous avez alors 2 possibilités :
- 1- Attendre qu’il revienne vers vous.
Avec sa réponse : « oui, on y
va ! » ou « Non, je passe ».
Et peut-être dans 6 mois, un an, ce patient va vous rappeler, après avoir budgété son traitement. Pour vous dire qu’il est prêt. (Cela est très bon signe sur la relation de confiance que vous avez su créer avec lui.)
Cette attente peut-être aussi infinie, dans le cas où le patient ne se manifeste plus jamais.
Là, vous vous sentez certainement un peu frustré :
Votre travail n’a servi à rien.
Ce beau traitement, intéressant techniquement ne se fera pas. En tout cas, pas chez vous.
Chez un confrère ? Dans une clinique « low cost » ? À l’étranger ?
Comment savoir ?
- 2- Le rappeler.
oui, mais comment le faire sans tomber dans une « relance commerciale » inappropriée et souvent mal reçue ?
On est très vite mal à l’aise avec ce genre d’appel : comment le tourner ?
Comment présenter les choses sans avoir l’air de « racoler » ?
Dans tous les cas, une part de frustration (vous avez pourtant bien travaillé sur ce cas) et de malaise (que faire ?) s’installe.
Pourquoi cela ?
D’abord parce que vous n’avez pas été formé à ce type de relation :
Celle où vous demandez des honoraires en échanges des services dentaires que
vous rendez.
Déjà qu’en France, l’argent est un sujet tabou, privé, qui reste dans la sphère secrète. Alors s’il faut en parler avec des inconnus en plus !
Et cela dans le cadre d’une relation de soignant à soigné, c’est encore plus compliqué.
En faculté, on vous a appris et entrainé à exécuter de nombreux actes techniques.
Jusqu’à ce que vous les maitrisiez.
Et là, vous vous retrouver livré à vous -même.
Parce que ce sujet-là est rarement abordé, encore moins par des
universitaires.
Vous vous retrouvez donc certainement démuni dans ces situations.
Certains y arrivent très bien.
Pour d’autres, c’est plus compliqué.
Et la profession de praticien libéral étant par nature assez solitaire, c’est un sujet qu’on aborde peu entre
confrères.
Ou alors chacun donne SA réponse, et au final, on n’est pas tellement plus avancé.
Parce que ce qui fonctionne pour l’un, ne fonctionne pas forcément pour
l’autre…
Et puis cette relation financière avec le patient subit aussi les préjugés et les idées reçues en défaveur de la profession : rappelez-vous l’émission « Le Prix du sourire » de TV5 d’il y a
quelques années :
Des tournages en caméra cachée, une émission uniquement focalisée sur les aspects financiers, des raccourcis sur les différentes solutions techniques proposées pour amplifier les différences de coûts…
Bref, de quoi renforcer certaines idées reçues néfastes à toute la profession…
Alors que faire ?
L’idée ici, justement, est de ne pas être assimilé à ce que dénonçait cette émission de télévision grand public.
Il s’agit pour vous de conserver votre posture de soignant, d’une part.
Et d’autre part d’être à l’aise et aligné avec vos principes :
Si vous trouver cela complètement inapproprié et hors-éthique de rappeler après une proposition de plan de
traitement, alors ne le faites pas.
Vous seriez certainement maladroit et cela nuirait à votre relation avec le patient.
Et tant pis pour
ce beau traitement et ce patient qui aurait pu se décider en vous posant la dernière petite question qui le turlupine.
Mais pour laquelle il n’ose pas appeler le cabinet dentaire…
Maintenant, en passant cet appel pour votre patient, de façon à préserver la relation de confiance, cela peut très bien se révéler bénéfique pour tous :
- Pour le patient qui va être soigné (par vous !) et
- Pour vous qui allez réaliser un plan de traitement ambitieux !
Le tout est d’adopter l’art et la manière avec lesquels vous vous sentez à l’aise.
De préparer ces appels pour adopter le bon ton.
Et d’anticiper les choses avec le patient, de façon à éviter toute surprise lors de cet appel.
Cela vous demande peut-être de sortir de votre « zone de confort ». Et c’est normal.
Pour vous aider à opérer ce genre de petits changements progressifs je vous propose une formation synthétique conçue pour vous faire expérimenter quelques nouveautés au cabinet dentaire.
Toutes les informations dans ce lien : « les 7 principes pour retrouver Bonheur, Sens et Prospérité au cabinet dentaire ».
À vous de jouer !
À
bientôt,