Beaucoup de praticiens que je rencontre me parle de la méfiance des patients.
Ils la « subissent », cette méfiance.
Eux, les praticiens, veulent juste soigner au mieux leurs
patients.
Ils leur proposent le meilleur traitement.
Le plus confortable ou le plus durable.
Parfois aussi le plus esthétique.
Parce qu’un sourire, ça se voit…
Mais voilà : cela entraine souvent un reste à charge pour les patients.
C’est notre système de remboursement qui veut cela.
Les soins dentaires sont mal pris en charge ;
Du
coup, certains praticiens proposent uniquement les prestations entièrement remboursées, et les patients sont souvent confus entre les différentes propositions : certaines avec, d’autres sans reste à charge).
Ils deviennent alors parfois méfiants :
« Pourquoi ai-je autant à payer ? »
« Comment se fait-il que cela me coûte autant ; alors que ma voisine en a eu pour
beaucoup moins ailleurs ? »
« Ce traitement est-il, utile s’il n’est absolument pas pris en charge ? »
Face à cela on ressent souvent des sentiments variés :
Injustice : « Je propose le meilleur traitement, et on se méfie de moi ! »
Frustration : «
Comment faire pour que mes patients prennent conscience que c’est ce qu’il leur faut ? »
Colère : « Et ces média, qui nous décrivent comme des charlatans ne pensant qu’à leur porte-monnaie ! »
Et parfois résignation : « De toute façon, on ne peut pas contrôler ce qui se passe dans la tête des patients, alors… »
Tout cela est malheureusement
trop fréquent.
D’abord parce que les média s’attachent à dresser un portrait de la profession axé sur certains
travers :
Plutôt que de parler des praticiens qui s’échinent au milieu des désert médicaux pour soigner le plus de patients possibles, ils préfèrent parler de ceux qui pratiquent des tarifs vraiment exagérés.
(Cf le documentaire « Le
Prix du Sourire » en 2012…)
Ensuite parce qu’en France il existe une certaine jalousie envers ceux qui réussissent :
Et comme les chirurgiens-dentistes font partie des professions plutôt à l’aise financièrement, par rapport à la moyenne française, cela est louche…
Aussi parce que les Français ont l’habitude de voir l’ensemble
de leurs dépenses de santé courantes prises en charge.
Alors quand il faut payer chez le dentiste ;
Que les tarifs varient d’un praticien à l’autre, c’est forcément que certains exagèrent.
D’où une méfiance dès que l’on doit sortir son porte-monnaie…
Enfin, la plupart des patients ignorent tout des contraintes du métier :
Qui sait que les soins conservateurs sont longtemps restés chez nous aux tarifs les plus
bas en Europe ?
Qui comprend quelque chose à la nomenclature des remboursements ?
Et je laisse de côté toutes les autres contraintes du métier que les patients oublient souvent :
La nécessité d’investir dans des outils performants, de vous former, de gérer votre effort pour travailler longtemps…
Bref, le patient voit midi à sa porte.
Et quand on lui propose le meilleur traitement, il ne pense souvent qu’à ce qu’il doit débourser…
Il oublie que vous êtes avant tout un soignant.
Qui lui propose le meilleur pour sa santé.
Et si vous pouviez retourner cette situation ?
Si vous pouviez faire passer vos messages de façon naturelle aux patients pour qu’ils comprennent les tenants et les aboutissants et acceptent mieux vos propositions ?
Pour qu’ils exercent leur consentement éclairé en connaissance de cause et en confiance ?
Si vous pouviez
transmettre les informations utiles au choix de vos patients sans avoir à justifier le montant de vos honoraires, point qui monopolise souvent la discussion ?
Cela rendrait votre travail plus facile.
Et réduirait considérablement cette méfiance parasite qui vous empêche de faire métier de soignant.
Pour le plus grand bien de vos patients.
Et le vôtre.
C’est l’un des points de ma nouvelle conférence, du
jeudi 8 septembre à 20H.